Cigarette électronique : la ridicule contre-attaque de l’industrie du tabac

Dans le domaine du grand n’importe quoi, où chacun y va de sa petite affirmation péremptoire dans le domaine de la cigarette électronique et des alternatives à la consommation de tabac usuel, on peut se demander si certains ont les yeux en face des trous.

Vous pourrez voir de nombreux articles aujourd’hui vous parler de la nouvelle alternative introduite sur le marché par un géant, personne d’autre que la holding qui détient les marques Camel et Winston. Ce nouvel objet porte le sympathique nom de « Ploom ». Il devrait être l’un des arguments majeurs des vendeurs de tabac pour lutter contre la baisse de leurs chiffres d’affaires, qui se confirme dans toute l’Europe.

Copiant assez largement le principe de la cigarette électronique, Ploom en a la même allure, et presque le même type de fonctionnement. En fait, la grande différence, c’est que ce produit introduit le concept d’e-tabac. En effet, la vapoteuse contient des recharges constituées de tabac véritables, qui est chauffé pour produire de la vapeur, évitant ainsi la combustion et son lot d’effets toxiques et nocifs pour la santé. A titre de comparaison, la Ploom a un design se rapprochant de la E-smart de Kangertech.

Observons quelque peu les arguments de vente de ce producteur de tabac, qui espère bien mettre une épine dans le pied du marché de la cigarette électronique. Comme il s’agit de tabac véritable, il est taxé comme un produit du tabac, c’est à dire à plus de 80%. Premier mauvais point, les prix donc, qui sont terriblement moins attractifs que ceux de la cigarette électronique. De plus, sur le modèle des capsules Nespresso, il faut racheter des petites capsules très régulièrement, puisque l’une d’entre elle permet de fumer l’équivalent approximatif de deux cigarettes. A titre de comparaison, un réservoir classique (clearomizer) d’une e-cigarette permet d’avoir dans sa poche entre un paquet complet et un demi-paquet de cigarettes classiques, ce qui assure une autonomie nettement supérieure. Une fiole d’e-liquide de 10 ml avec un grammage de 18-20 mg/ml est l’équivalent nicotinique d’une cartouche de tueuses. Le deuxième mauvais point est donc le fait qu’il va falloir vous rendre très souvent dans votre bureau de tabac. Mais qui sait, peut-être s’agit-il là du véritable objectif de ce produit sournois.

Au final, on se retrouve face à un produit moins intéressant sur tous les plans que la cigarette électronique. Alors quel est donc l’intérêt ? Des journalistes sont allés poser la question à Japan Tobacco, l’inventeur de ce concept révolutionnaire…Celui-ci rétorque qu’il a toujours existé des produits alternatifs au tabac, mais que ceux-ci n’ont finalement jamais eu le moindre succès. Pour lui, seule la consommation traditionnelle évolue. Il serait peut être bon de rappeler au souvenir de ce cher monsieur qu’en France, à l’heure actuelle, une boutique de cigarettes électroniques ouvre tous les trois jours. Finalement, peut être que la corrélation est évidente. Certaines mauvaises langues assurent que ce produit est une réaction logique à une baisse déjà vertigineuse des chiffres d’affaires des grands industriels du tabac. Et ils ont raison.

Parfois, heureusement, on peut lire dans les journaux des personnages qui sortent des stéréotypes, et qui font entendre les voies de la raison. Ainsi, je vous conseille un article du Monde d’aujourd’hui, qui donne la parole à l’épidémiologiste Antoine Flahault. Celui-ci se permet de comparer la cigarette électronique à la bicyclette, afin de montrer les inepties de politiques publiques de protection, qui s’acharnent à supposer que le risque zéro est un objectif atteignable. Le véritable problème quand on recherche l’absence totale de risques en matière de politiques publiques, c’est que l’on vise en réalité la déresponsabilisation maximum des citoyens et des consommateurs. En effet, malgré ce que nous dit le monde moderne, les objets ne sont pas de dangereuses choses en soi. Une cigarette électronique en soi n’est pas plus dangereuse qu’une arme en soi ou qu’une voiture en soi. C’est l’utilisation qui en est faite qui peut comporter une part de risque. Or l’utilisation est faite par un humain, un être pensant, qui reste l’élément que l’on peut combattre.

Nous n’affirmons pas que la lutte contre le tabagisme est une chose vaine en soi et dépourvue d’intérêt. Mais à partir du moment où le client est informé, il reste le maitre de son propre choix, et il serait bon de respecter sa liberté. Nous pensons en effet que c’est surtout par la responsabilisation des consommateurs qu’une politique de santé publique peut produire des effets. Le bon sens, le sens commun fait des miracles dans ce domaine. C’est exactement ce dont parle Antoine Flahault lorsqu’il compare le succès phénoménal des Velib à Paris avec la cigarette électronique. Il est temps pour lui que l’idéologie et le moralisme cesse d’influer sur les politiques publiques, là où elles n’ont pas leurs places. Il constate dans un texte les inepties perpétuellement répétés par les détracteurs de la cigarette électronique. La citation se passe de tout commentaire :

Ceux qui ne partagent pas la conviction de l’intérêt de la cigarette électronique dans la lutte contre le tabagisme présentent généralement deux types d’arguments. Premièrement, la cigarette électronique en entretenant l’addiction à la nicotine représenterait un moyen utilisé par les fabricants de tabac pour maintenir intact le désir de cigarette chez l’ancien fumeur et l’éveiller chez le (jeune) non-fumeur. Ce premier argument est cependant réfuté par les faits, puisqu’aucune donnée, nulle part dans le monde, ne plaide en faveur d’un retour à la cigarette des vapoteurs. Les études montrent au contraire que les fumeurs qui ont arrêté de fumer pour passer à la cigarette électronique reviennent moins souvent à la cigarette que ceux qui recourent aux substituts nicotiniques médicamenteux pour arrêter de fumer. Le second argument est celui de la sécurité sanitaire, avançant le principe de précaution : « on la recommandera lorsqu’elle aura fait la preuve de son innocuité ! ». Ce dernier argument pèse probablement lourdement dans les décisions actuelles visant à restreindre son usage ou sa promotion, tant les politiques sont frileux désormais à prendre des décisions sanitaires qui leur semblent complexes et à haut risque politique, voire judiciaire. Cet argument est par ailleurs difficile à contrer, parce qu’il est vrai que l’on n’a pas démontré aujourd’hui l’innocuité totale de la cigarette électronique. Il est d’ailleurs toujours difficile de démontrer l’innocuité totale d’un produit récent, mais il est en revanche certain que le risque de cancer du poumon ou de maladies cardiovasculaires est extrêmement plus faible avec les cigarettes électroniques par rapport aux cigarettes. Voire même, ce risque est-il nul avec la cigarette électronique, mais c’est de cela dont on n’est pas encore certain, car il faudra des années pour le démontrer, ou le réfuter, scientifiquement. Les experts ne savent pas si la réduction du risque apportée par la cigarette électronique est de 90 ou de 99%… ou même de 100% ! Pour en savoir plus, n’hésitez pas à découvrirles 10 bonnes raisons de se mettre à la cigarette électronique.

Voilà donc les arguments du bon sens et de la raison, qui apparaissent comme irréfutables. Pourtant les attaques médiatiques incessantes se perpétuent, et nous ne pouvons qu’attendre qu’ils aient trouvé une excuse ridicule pour motiver un intérêt politique et législatif pour la chose.