La toux: causes, diagnostic et traitement

La toux est un réflexe naturel du système respiratoire qui survient à la suite d’un processus irritant. Il existe deux types de toux : la toux sèche et la toux productive. C’est la présence ou non de mucus qui fait la différence. Dans la toux productive, la sécrétion se déplace et est éliminée ; dans la sécheresse, ce catarrhe ne semble pas exister. Il est important d’évaluer si la toux est vraiment sèche, ou si la sécrétion ne s’écoule pas en raison d’une déshydratation ou d’un traitement incorrect. La toux peut être le symptôme de nombreuses maladies différentes, du rhume au cancer du poumon. Il est donc toujours important d’enquêter sur la cause.

Les causes de la toux

La fumée en est la cause principale, car elle augmente le volume de mucus produit par les bronches ; elle provoque une irritation physique et chimique des muqueuses ; elle détruit les cils qui recouvrent la paroi interne des bronches ; elle facilite l’accumulation de matières étrangères dans les voies respiratoires. D’autres causes importantes sont la sinusite, en particulier chez les enfants, le syndrome du goutte-à-goutte post-nasal, l’asthme, le reflux gastro-œsophagien, les infections respiratoires, la bronchite chronique et les médicaments pour contrôler l’hypertension. Les trois principales causes des toux chroniques chez le non-fumeur sont l’écoulement pharyngé supérieur, la toux allergique et l’asthme, le reflux gastro-oesophagien. D’autres raisons sont possibles mais plus rares. Fréquemment, il existe des causes multiples. La toux est un phénomène réflexe de protection des voies aériennes. On parle de toux chronique lorsque cette dernière dure depuis plus de 8 semaines. Elle ne doit pas être confondue avec une toux aiguë post-virale qui persiste en générale 3 semaines après l’infection. La toux chronique est un phénomène fréquent qui touche presque 10 % de personnes dans le monde.

Toux chronique : des causes souvent multiples

Chez un même patient, les facteurs qui déclenchent et entretiennent la toux sont souvent multiples et liés. L’écoulement rhinopharyngé postérieur peut ainsi avoir une cause allergique, être associé à l’asthme. L’infection persistante peut causer un écoulement nasal postérieur, le reflux gastro-oesophagien peut être entretenu par la toux. La toux de l’enfant en particulier fait intervenir plusieurs mécanismes souvent imbriqués. Ainsi, une surinfection bactérienne, un facteur environnemental peuvent transformer une bronchite banale en un tableau de toux chronique. De la même façon, un reflux gastro-oesophagien peut rendre l’enfant plus sensible à des facteurs environnementaux et/ou fragiliser la muqueuse pharyngée. L’asthme est fréquemment associé à une rhino-sinusite allergique qui entretient un écoulement rhinopharyngé postérieur. Pour faire disparaître la toux, tous les facteurs déclenchants doivent être traités. En conclusion, consultez votre médecin si vous ne savez pas ce qui cause votre toux, si elle s’aggrave au lieu de s’atténuer et si elle dure plus de 3 semaines.

Diagnostic de la toux

En plus de l’examen clinique et de l’enquête sur les antécédents du patient, certains tests de laboratoire et d’imagerie peuvent être absolument nécessaires. Un autre fait diagnostique important est l’aspect de la sécrétion productive de la toux. Lorsqu’il est aqueux et clair, il est généralement associé à des allergies, des infections virales des voies aériennes supérieures, de l’asthme ou des irritations causées par le tabac. Des sécrétions plus épaisses, de couleur jaunâtre ou verdâtre, peuvent indiquer une bronchite, une sinusite ou une pneumonie. Les couleurs marron et rouge indiquent la présence de sang et suggèrent de graves irritations telles que la pneumonie, la tuberculose ou le cancer du poumon.

Des recommandations internationales permettent la prise en charge de la toux chronique. Le médecin va commencer par rechercher des signes de gravité comme une perte de poids ou par exemple si la personne crache du sang lorsqu’elle tousse. En l’absence de ces signes, le médecin va commencer par faire arrêter certains traitements qui pourraient être responsables de la toux ou encore pour les fumeurs, un sevrage tabagique est recommandé. Une radiographie du thorax est réalisée. Au bout de 4 semaines, le médecin revoit son patient. En l’absence d’amélioration, il va rechercher les causes les plus fréquentes et prescrire un traitement adapté aux symptômes, si ce dernier fonctionne, il est poursuivi.  Si aucune cause n’est trouvée ou que les traitements sont inefficaces, la toux est dite chronique réfractaire. 

Traitement de la toux

Le succès du traitement dépend directement de la qualité du diagnostic et de la détermination de la cause. Le diagnostic est essentiel car le traitement sera celui de la maladie sous-jacente. Pour savoir si un traitement fonctionne, il faut que la durée de celui-ci soit suffisante car la réponse peut être tardive : compter 2 à 3 mois en cas de RGO et 3 à 6 semaines pour l’asthme ou le syndrome de toux d’origine des voies aériennes supérieures. En cas de réponse partielle, le traitement doit être poursuivi pendant que les autres traitements spécifiques sont introduits. Quoiqu’il arrive il ne faut jamais interrompre un traitement sans avis médical.  Des antitussifs peuvent être prescrits si la toux invalide le patient et si elle est non productive. 

Les complications de la toux chronique 

La toux chronique a un retentissement sur la qualité de vie de la personne qui en souffre. Elle peut perturber certaines activités mais également le sommeil lorsque celle-ci est nocturne.  Fatigue, céphalées et fracture de côtes sont des effets secondaires courants. L’incontinence urinaire est également fréquente. Enfin, il ne faut pas oublier les répercussions sociales pour ces patients qui évitent les lieux où leur toux pourrait perturber un silence imposé. 

Recommandations en cas de toux

– Buvez beaucoup d’eau. L’eau est le meilleur antitussif connu, car elle facilite le mouvement du mucus sur la couche des cils ;

– Privilégiez les liquides chauds, qui apportent généralement un soulagement symptomatique, comme les thés de nos grands-mères : thé au citron et au miel, camomille, cédrat, herbe douce, entre autres. Le thé noir et le thé maté sont à éviter en raison de leur forte teneur en caféine ;

– Gardez la tête élevée la nuit en utilisant des oreillers supplémentaires ou en soulevant la tête de lit avec des cales ;

– Veillez à ce que les environnements soient bien ventilés ;

– Augmentez le taux d’humidité de l’air avec des humidificateurs ou des vaporisateurs. Prenez des bains chauds prolongés pour respirer beaucoup de vapeur ;