Quand Maître Gims pousse la chansonnette…

Les cigarettes électroniques, c’est l’affaire de tous et cela concerne bien évidemment l’élite de nos citoyens. L’actu ne date pas d’hier, et bien que notre blog soit relativement récent, comment AURIONS-NOUS PU RATER CA ? A ceux qui se serait perdus dans les internets et se seraient malencontreusement retrouvés face à un clip sauvage de Maître Gims (Il y a beaucoup d’herbes hautes sur le net, pour ceux qui envisageraient de partir seuls), vous avez pu faire cette fabuleuse découverte de cet artiste pop en train de vapoter (dans le désert). Décryptage (fans, s’abstenir).

Cigarettes électroniques au bec, nos fils d’actus regorgent déjà de photos de Stars arborant fièrement leur vapoteuses, mais de là à les placer dans leurs clips ? Le placement de produits, c’est un peu vieux comme le monde. D’après une source incontestable que nous tiendrons jalousement secrète (Wikipédia donc), on trouverait les premiers balbutiements de cette technique dans certaines peintures de Manet, qui intégrait dans ses tableaux des marques de bière (oui, Manet et les gros rappeurs qui dansent avec des bouteilles de Cognac c’est un peu le même combat) (tavu). Mais si jusqu’à présent, on s’était un peu habitués aux apparitions subtiles de marques de chaussures, montres, voitures et autres téléphones dans nos films, clips ou autres, la promotion dans un clip français d’une marque de e-liquides, c’est une première. Et quel clip.

Nous pourrions bien sûr nous arrêter sur la profondeur du texte, écrit à la sueur des fesses, ou probablement généré par un programme puissant, combinant automatiquement des rimes aussi complexes que ‘i’ ou ‘é’, puisant dans une base lexicale extrêmement vaste de 30 mots, eux-mêmes sélectionnés dans ce que la langue française comprend de plus profond. Nous pourrions. Mais ici, nous nous attarderons sur le clip, parce que c’est quand même le plus drôle.

En gros, pour ceux qui ne tiendraient pas tout le clip, probablement les plus sensibles d’entre vous, happés par la puissance du texte et saisis d’une émotion incontrôlable (après tout qui ne s’est jamais senti retenu par des « chaînes, qui te freinent, qui te freinent »), Maître Gims traverse un désert à bord d’une voiture (sale), transportant dans son coffre une personne qui n’est autre… que lui-même ! Oui, c’est puissant. Pris d’une tristesse incontrôlable, il sort une… cigarette électronique qu’il remplit du liquide d’un fabriquant français, avant de vapoter solennellement. Dans le désert.

Bref, il s’enterre lui-même et le clip se termine sur cette magistrale main sortant de sous terre, parce que, hein, c’est un zombie. La seule question qui nous brûle dès lors les lèvres est : mais que font les Cahiers du cinéma ? Une puissance graphique aussi prononcée ne mériterait-elle pas, au minimum, un article encenseur, à la hauteur de la prise de risque musicale et cinématographique que représente une telle œuvre ? Les Inrocks ne pourraient-ils pas témoigner leur admiration face à une composition si complexe ? Eh bien non, car le monde artistique est ingrat face aux velléités de l’industrie musicale française contemporaine.

D’aucun relèvera tout de même que, pour qu’un clip populaire montre un artiste, populaire également, en train de vapoter, c’est bien que la cigarette électronique est d’ores et déjà un phénomène, même si malheureusement on est encore bien loin de se souvenir que fumer est un art, et pas seulement qu’un objet politique ou marketing.